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| Mardi, 15 Avril 2008 00:00 |
Le ShintaidoEn japonais ??? qui peut être traduit comme la « nouvelle voie du corps ») est un ensemble unique de mouvements permettant d’utiliser le corps comme moyen d’expression et de communication. Mêlant à la fois pratique physique et artistique, il a été créé au Japon dans les années 1960. Il puise ses racines dans les arts martiaux japonais, la médecine chinoise et les techniques bouddhistes de méditation. Ses créateurs ont également été influencés par l'art contemporain et une forme très épurée de christianisme protestant. Le Shintaido ne peut être rangé dans aucune catégorie connue. Il peut être abordé aussi bien comme une pratique martiale que comme une forme d’expression artistique, une pratique de santé, ou un outil de découverte et de transformation de soi. Tenshingoso kumitéIl s'agit de l’un des katas essentiels du shintaido. Selon le cadre dans lequel on envisage sa pratique, il prend une signification totalement différente. Comme technique martiale, il est le condensé de toutes les principales techniques (attaques, coupes, projections) des budo japonais et permet de réguler le souffle. Comme symbolique artistique, il est une métaphore d'un cycle de vie biologique, de la naissance à la mort. Comme méthode de développement personnel, il est une encyclopédie des principales postures de méditation (mudras). EikoLittéralement jailli de l’art du sabre, entre ciel et terre, idéal et réalité, Eiko est un hymne à la gloire de l’aventure humaine. Pratiqué avec conviction, il a pour effet de faire sortir les pratiquants de leur « petit monde » et de les plonger dans une marée de sensations nouvelles. Pratiquer Eiko, c'est ouvrir à la fois l’espace autour de soi et en soi. Avec un partenaire, Eiko permet de développer le sens du timing, la concentration et la capacité à repousser ses limites. HikariRéputé indescriptible, Hikari (littéralement « jouer avec la lumière ») peut être considéré comme l’œuvre maîtresse du fondateur du Shintaido sur le plan artistique. C’est en tout cas une forme unique de son expression personnelle. Sans forme précise Hikari ne s’enseigne pas en tant que lui même. Il est un aboutissement. Il est plutôt réservé à des pratiquants ayant un certain niveau d’expérience. Wakamé TaissoDans Wakamé Taisso (« l’algue et l’océan ») deux personnes debout, face à face, jouent alternativement le rôle de l’algue et de l’océan. « L’algue », bien enracinée au fond de la mer, ondule souplement au gré des mouvements que lui imprime « l’océan » en la poussant avec douceur du bout des doigts. L’algue s’efforce d’absorber l’influx sans perdre son équilibre puis, comme une algue après le passage de l’onde, revient en position initiale. Le rythme, au départ doux et lent peut s’accélérer si l’océan perçoit que son partenaire est suffisamment réceptif. Pour des pratiquants expérimentés, les stimulations de l’océan peuvent se transformer en véritables projections (nage wasa). Cet exercice permet d’entrer rapidement dans un état de détente profonde. Sur un plan martial, Wakamé Taisso est aussi une technique qui développe la capacité à anticiper une attaque et à y répondre avec fluidité. TaimyoDernier-né des katas de Shintaido, Taimyo (« Le Grand Mystère ») a été créé à l’origine pour permettre aux personnes de constitution fragile (personnes âgées ou affaiblies, femmes enceintes) de récupérer leurs forces. Il a donc une vocation thérapeutique. Outre son effet régénérateur, il amène le pratiquant à un état de profonde méditation. Les différentes facettesUn art martial moderne et non violentLe shintaido part du constat suivant : à l’heure actuelle, les difficultés à surmonter dans les sociétés occidentales, relèvent plus souvent de l’ordre psychologique ou émotionnel que de l’ordre de l’affrontement physique. Ce ne sont plus des techniques de combat qui sont nécessaires mais des moyens permettant de vivre dans les sociétés modernes et de faire face aux difficultés qu’elles génèrent. Une pratique artistique d’expression de soiLa peinture et la musique occidentales ont fait partie des sources d’inspiration du shintaido lors de sa création dans les années 1960. Le secret espoir de son fondateur, Aoki Hiroyuki, était de créer un art martial qui se situerait au niveau des réalisations des grands artistes occidentaux. La beauté et la fluidité des mouvements sont une composante essentielle du shintaido. Un outil de développement personnelLa pratique du shintaido est destinée à développer la conscience corporelle et la réceptivité aux multiples informations que communique le corps. Elle est un conçue comme un outil de découverte de l’état intérieur du pratiquant, de son évolution, de ses freins mais aussi de ses ressources. Les exercices avec partenaire sont l’occasion de découvrir et développer la capacité à communiquer et à s’affirmer. Le dojo peut être aussi utilisé comme un espace dans lequel on peut explorer d’autres façons d’être, en toute sécurité : le relâchement dans l’action, l’affirmation de soi, la détermination, la concentration. Une pratique de santéLa médecine chinoise et diverses techniques de soins issues de cette tradition ont inspiré au fondateur du shintaido des mouvements qui favorisent la circulation de l’énergie et donc, le mieux-être. La pratique du shintaido développe la tonicité du corps, sans tension musculaire. Les exercices, qui utilisent la voix et le souffle, apprennent aux pratiquants à bien réguler leur respiration. Un antidote au stressLa pratique libère le corps de ses tensions et lui permet de retrouver un mouvement naturel et libre. L’idée est que plus le corps est libre, plus les mouvements sont efficaces. Ce mieux-être dans le corps rejaillit ensuite dans la vie de tous les jours. Un art martial destiné à tousLe shintaido fait appel à des qualités (le relâchement, l’ouverture, le ressenti, l’intuition) qui ne nécessitent pas une force physique particulière. Dans cette perspective, les cours comprennent souvent une partie très dynamique destinée à dépasser l’énergie physique/volontaire des pratiquants. Cette énergie volontaire qui s’exprime souvent par l’usage excessif d’un nombre limité de muscles, n’a en effet aucun intérêt pour la pratique du shintaido. Une fois cette énergie épuisée, le pratiquant entre dans un mode énergétique très différent qui le régénère. Le mouvement devient naturel, sans effort, le souffle et le geste sont unifiés. Une voie de développement spirituelLe shintaido peut être vécu comme une « voie » de développement spirituel. Il amène souvent chez les pratiquants une conscience de plus grande proximité ou d’union avec la nature. Il intègre de nombreux exercices de méditation issus du bouddhisme ésotérique. Chaque cours débute et se termine par une courte méditation. Les points-clésLe relâchement |



